vendredi 25 juin 2010
lundi 19 avril 2010
mercredi 7 avril 2010
Gare Malick SY
Ambiance folle et embarquement difficile
Le petit train de banlieue relie Dakar et Rufisque. Il est très utilisé par les voyageurs parce que plus rapide et plus économique que les bus, tata et autres cars. Cependant, les habitués du train composés essentiellement de commerçants, d’élèves et de fonctionnaires moyens endurent beaucoup de souffrances avant de pouvoir s’embarquer. Une ambiance d’avant départ époustouflante. Reportage.
18H30. C’est la fin d’une journée de travail, une foule vient de descendre du bus reliant l’hôpital principal à la gare. Sitôt pied à terre qu’elle commence déjà à courir en direction du guichet. Il vaut mieux avoir le plus tôt possible son ticket en main. Il reste trente minutes avant l’arrivée du train et la longue file indienne devant le guichet n’augure rien de bon pour les retardataires, ils risquent d’attendrent le prochain train prévu une heure plus tard. La foule bigarrée augmente chaque minute. Cette accumulation de voyageurs attendant stoïquement l’arrivée du train fait le bonheur des petits vendeurs qui se sont installés le long de la route menant au guichet. Un vendeur de café touba assis sur un pot de peinture usé, s’active vivement à servir le liquide chaud à cette masse ramollie par la fraîcheur du soir et par ce vent glacial, violent et têtu. La gare se situe presque sous le pont cyrnox, une zone dégagée, ce qui favorise la circulation des courants d’air. Malgré le nombre important de passagers, il règne un étonnant silence violé par intermittence par l’appel d’une jeune fille qui tient deux pots de chocolats qu’elle s’est jurée de liquider par tous les moyens. Déjà le soir. Le soleil s’est couché, les corps harassés par une longue journée de labeur se laissent choir lourdement sur le sol. Les gens s’arc - boutent, se recroquevillent, se couvrent pour se protéger du froid. La quiétude austère des lieux est profanée par un fou venant de nulle part. L'homme est de petite taille, osseux, le creux des joues comblé par de mauvaises pelotes de poils noirs. Il est à la fois confiant et inquiet, sans cesse en mouvement. Il fait des vas et viens, tient conseil en marchant, les mains derrière le dos .A chaque traversée de la route menant au guichet, il pousse des cris enragés et sauvages. Ce triste spectacle tira presque des larmes aux passants. Des femmes apeurées par cette scène tentent de s’éloigner discrètement par crainte d’être agressées par le bonhomme. Un jeune garçon las d’attendre fulmine : « c’est toujours comme ça dans cette gare, non seulement l’attente est longue mais il n’y a pas de bancs pour s’asseoir. C’est désolant !! » Un anneau de cuivre pend à son oreille gauche .Le trou par lequel il s’accroche, au milieu du lobe, est si large qu’il peut y passer le petit doigt. La vieille femme qu’il accompagne lui répond : « Nous allons nous entasser encore comme du bétail dans ce train. A moins d’avoir une place assise ce qui n’est pas chose facile avec cette foule qui ne cesse d’augmenter, il faudra batailler ferme. » Enfin, la sirène du train retentie de loin, avertissant les voyageurs de l’imminence de son arrivée. La foule l’accueillie avec impatience et bousculade. Pas de pitié, chacun fait ce qu’il peut pour obtenir une place, quitte à donner des coups de coude. Dans cette lutte sans merci pour une place assise ce sont les femmes et les enfants qui sont les perdants. Le train de couleur bleu fini par absorber une partie de cette masse humaine dans ses six wagons. La majeure partie est rentrée, il vomit le reste. Ceux qui n’ont pas de place sont contraints par les trois militaires qui assurent la sécurité de la zone d’attendre le prochain. Le train quitte les lieux quinze minutes plus tard, laissant derrière lui une épaisse fumée noirâtre et nauséabonde. Quelques jeunes vendeuses de fruits désoeuvrées par le départ de toute cette clientèle, se livrent à des discussions et des jeux de bagarres pour tromper l’ennui.
Alune FALL
Ambiance folle et embarquement difficile
Le petit train de banlieue relie Dakar et Rufisque. Il est très utilisé par les voyageurs parce que plus rapide et plus économique que les bus, tata et autres cars. Cependant, les habitués du train composés essentiellement de commerçants, d’élèves et de fonctionnaires moyens endurent beaucoup de souffrances avant de pouvoir s’embarquer. Une ambiance d’avant départ époustouflante. Reportage.
18H30. C’est la fin d’une journée de travail, une foule vient de descendre du bus reliant l’hôpital principal à la gare. Sitôt pied à terre qu’elle commence déjà à courir en direction du guichet. Il vaut mieux avoir le plus tôt possible son ticket en main. Il reste trente minutes avant l’arrivée du train et la longue file indienne devant le guichet n’augure rien de bon pour les retardataires, ils risquent d’attendrent le prochain train prévu une heure plus tard. La foule bigarrée augmente chaque minute. Cette accumulation de voyageurs attendant stoïquement l’arrivée du train fait le bonheur des petits vendeurs qui se sont installés le long de la route menant au guichet. Un vendeur de café touba assis sur un pot de peinture usé, s’active vivement à servir le liquide chaud à cette masse ramollie par la fraîcheur du soir et par ce vent glacial, violent et têtu. La gare se situe presque sous le pont cyrnox, une zone dégagée, ce qui favorise la circulation des courants d’air. Malgré le nombre important de passagers, il règne un étonnant silence violé par intermittence par l’appel d’une jeune fille qui tient deux pots de chocolats qu’elle s’est jurée de liquider par tous les moyens. Déjà le soir. Le soleil s’est couché, les corps harassés par une longue journée de labeur se laissent choir lourdement sur le sol. Les gens s’arc - boutent, se recroquevillent, se couvrent pour se protéger du froid. La quiétude austère des lieux est profanée par un fou venant de nulle part. L'homme est de petite taille, osseux, le creux des joues comblé par de mauvaises pelotes de poils noirs. Il est à la fois confiant et inquiet, sans cesse en mouvement. Il fait des vas et viens, tient conseil en marchant, les mains derrière le dos .A chaque traversée de la route menant au guichet, il pousse des cris enragés et sauvages. Ce triste spectacle tira presque des larmes aux passants. Des femmes apeurées par cette scène tentent de s’éloigner discrètement par crainte d’être agressées par le bonhomme. Un jeune garçon las d’attendre fulmine : « c’est toujours comme ça dans cette gare, non seulement l’attente est longue mais il n’y a pas de bancs pour s’asseoir. C’est désolant !! » Un anneau de cuivre pend à son oreille gauche .Le trou par lequel il s’accroche, au milieu du lobe, est si large qu’il peut y passer le petit doigt. La vieille femme qu’il accompagne lui répond : « Nous allons nous entasser encore comme du bétail dans ce train. A moins d’avoir une place assise ce qui n’est pas chose facile avec cette foule qui ne cesse d’augmenter, il faudra batailler ferme. » Enfin, la sirène du train retentie de loin, avertissant les voyageurs de l’imminence de son arrivée. La foule l’accueillie avec impatience et bousculade. Pas de pitié, chacun fait ce qu’il peut pour obtenir une place, quitte à donner des coups de coude. Dans cette lutte sans merci pour une place assise ce sont les femmes et les enfants qui sont les perdants. Le train de couleur bleu fini par absorber une partie de cette masse humaine dans ses six wagons. La majeure partie est rentrée, il vomit le reste. Ceux qui n’ont pas de place sont contraints par les trois militaires qui assurent la sécurité de la zone d’attendre le prochain. Le train quitte les lieux quinze minutes plus tard, laissant derrière lui une épaisse fumée noirâtre et nauséabonde. Quelques jeunes vendeuses de fruits désoeuvrées par le départ de toute cette clientèle, se livrent à des discussions et des jeux de bagarres pour tromper l’ennui.
Alune FALL
vendredi 26 février 2010
Portrait

Serigne Ahmadou LO
Portrait d’un guide religieux exemplaire
Originaire de Diourbel, serigne Ahmadou LO vit à Thiaroye depuis maintenant vingt ans. Depuis une dizaine d’année, il est à la tête d’une organisation religieuse basée dans cette même localité .Respecté et honoré, il jouit d’une grande influence dans le milieu.
Le vieux serigne ahmadou LO, appelé familièrement serigne Ahma porte bien ses soixante dix ans. C’est un homme de carrure pas très imposante, un mètre soixante quinze, svelte et mince mais à l’allure gracieuse qui lui confère l’image d’un souverain antique. Des rides étroites et profondes avaient depuis longtemps entrepris leur œuvre sur son visage désormais osseux. Le poids de l’âge et les vicissitudes de la vie n’ont cependant pas réussi à lui ôter son charme naturel, ses cheveux d’un blanc immaculé contrastent magnifiquement avec sa noirceur d’ébène. Ahma est jovial, heureux et content de sa vie et de sa condition. Ses dents noircies par le cola sont rares et sa bouche est si ridée qu’elle prononce un vocabulaire pas tellement audible. Il sourit tout le temps d’un sourire radieux. Il est un de ces hommes qui semblent faits pour être toujours en contact avec leur monde préféré. Rares sont en effet ceux qui peuvent témoigner l’avoir vu en colère, sa générosité est reconnu par tout son entourage. Il offre, au premier aspect, une vague ressemblance avec ces Hommes de DIEU qui ont su découvrir les signes cachés d’un monde complètement différent du notre. Son front large et bombé renvoi l’image d’un intellectuel et érudit. Assis sur sa natte, il pointe ses gros yeux noirs brillants. Des yeux enfoncés mais directs qui peuvent détecter les profonds secrets de la vie. Peut être était il plongé dans le grand sac du souvenir de toutes ces années passées. Son enfance paisible il l’a passé dans son Baol natal .Tout jeune, il s’était déjà intéressé à la religion et au travail bien accompli, se démarquant ainsi de la plupart des enfants de sa génération. Ahma n’a pas été à l’école française, il a été envoyé par son père à l’école coranique. Emmitouflé dans un beau grand boubou bleu Bazin ganila, son rôle de guide religieux exige un port vestimentaire irréprochable, il égrenait patiemment son chapelet. A vingt ans, il dû quitter le Baol pour émigrer en Cote d’Ivoire. Il a séjourné quinze ans dans ce pays où il avait comme activité principale le commerce. Ses expériences il les partage entre autre avec ses six enfants et onze petits enfants. D’une voix rauque et chargée d’émotions on pouvait l’entendre relatant des histoires et anecdotes des fois jusque tard dans la nuit. « Soyez justes et sincères envers vos semblables » disait il souvent. C’est de retour de la Côte d’Ivoire que Serigne Ahma s’est tourné définitivement vers la religion. Il crée une école coranique et s’évertue à apprendre aux populations les principes de l’Islam. Deux fois par année, Ahma recueil auprès des fidèles de l’argent et des vêtements pour les donner aux talibés. Les enfants adorent jouer avec sa longue barbe en forme de collier qui touche presque sa poitrine. Le nez retroussé,la bouche charnue et les joues creusées par cette imposante barbe qui cache son menton carré. Ses épaules larges font penser à un ancien sportif. Dynamique, il organise un Gamou annuel, évènement d’une grande ampleur auquel prend part les plus hautes autorités de la localité. Ses jambes arquées mais élancées ne l’empêchent cependant pas d’avoir une démarche élégante, fière. Une confiance en soi, une résignation, une pitié rare, une harmonie du corps avec l’âme, un bon cœur:toutes ces qualités ont fait de lui une personne respectable.
Alune fall
Portrait d’un guide religieux exemplaire
Originaire de Diourbel, serigne Ahmadou LO vit à Thiaroye depuis maintenant vingt ans. Depuis une dizaine d’année, il est à la tête d’une organisation religieuse basée dans cette même localité .Respecté et honoré, il jouit d’une grande influence dans le milieu.
Le vieux serigne ahmadou LO, appelé familièrement serigne Ahma porte bien ses soixante dix ans. C’est un homme de carrure pas très imposante, un mètre soixante quinze, svelte et mince mais à l’allure gracieuse qui lui confère l’image d’un souverain antique. Des rides étroites et profondes avaient depuis longtemps entrepris leur œuvre sur son visage désormais osseux. Le poids de l’âge et les vicissitudes de la vie n’ont cependant pas réussi à lui ôter son charme naturel, ses cheveux d’un blanc immaculé contrastent magnifiquement avec sa noirceur d’ébène. Ahma est jovial, heureux et content de sa vie et de sa condition. Ses dents noircies par le cola sont rares et sa bouche est si ridée qu’elle prononce un vocabulaire pas tellement audible. Il sourit tout le temps d’un sourire radieux. Il est un de ces hommes qui semblent faits pour être toujours en contact avec leur monde préféré. Rares sont en effet ceux qui peuvent témoigner l’avoir vu en colère, sa générosité est reconnu par tout son entourage. Il offre, au premier aspect, une vague ressemblance avec ces Hommes de DIEU qui ont su découvrir les signes cachés d’un monde complètement différent du notre. Son front large et bombé renvoi l’image d’un intellectuel et érudit. Assis sur sa natte, il pointe ses gros yeux noirs brillants. Des yeux enfoncés mais directs qui peuvent détecter les profonds secrets de la vie. Peut être était il plongé dans le grand sac du souvenir de toutes ces années passées. Son enfance paisible il l’a passé dans son Baol natal .Tout jeune, il s’était déjà intéressé à la religion et au travail bien accompli, se démarquant ainsi de la plupart des enfants de sa génération. Ahma n’a pas été à l’école française, il a été envoyé par son père à l’école coranique. Emmitouflé dans un beau grand boubou bleu Bazin ganila, son rôle de guide religieux exige un port vestimentaire irréprochable, il égrenait patiemment son chapelet. A vingt ans, il dû quitter le Baol pour émigrer en Cote d’Ivoire. Il a séjourné quinze ans dans ce pays où il avait comme activité principale le commerce. Ses expériences il les partage entre autre avec ses six enfants et onze petits enfants. D’une voix rauque et chargée d’émotions on pouvait l’entendre relatant des histoires et anecdotes des fois jusque tard dans la nuit. « Soyez justes et sincères envers vos semblables » disait il souvent. C’est de retour de la Côte d’Ivoire que Serigne Ahma s’est tourné définitivement vers la religion. Il crée une école coranique et s’évertue à apprendre aux populations les principes de l’Islam. Deux fois par année, Ahma recueil auprès des fidèles de l’argent et des vêtements pour les donner aux talibés. Les enfants adorent jouer avec sa longue barbe en forme de collier qui touche presque sa poitrine. Le nez retroussé,la bouche charnue et les joues creusées par cette imposante barbe qui cache son menton carré. Ses épaules larges font penser à un ancien sportif. Dynamique, il organise un Gamou annuel, évènement d’une grande ampleur auquel prend part les plus hautes autorités de la localité. Ses jambes arquées mais élancées ne l’empêchent cependant pas d’avoir une démarche élégante, fière. Une confiance en soi, une résignation, une pitié rare, une harmonie du corps avec l’âme, un bon cœur:toutes ces qualités ont fait de lui une personne respectable.
Alune fall
jeudi 14 mai 2009
Crise en Guinée Conakry

Crise en guinée Conakry
Un soldat de l’armée explique
Amadou DIALLO est soldat dans l’armée guinéenne. Il fait partie des jeunes qui ont porté le capitaine Dadis CAMARA au pouvoir au lendemain de la mort du président Lansana CONTE. Il donne sa lecture sur la situation qui prévaut actuellement en guinée.
Pourquoi l’armée a choisi Dadis, un capitaine comme président du CNDD ?
Dadis fait partie du BATA,c’est le bataillon autonome des troupes aéroportées. Le BATA est l’élite de l’armée Guinéenne. Les soldats appartenant à ce bataillon sont très respectés et redoutés des autres corps d’armées,ils sont aguerris au combat. C’est eux qu’on envoie souvent en mission dans les zones de conflits en Afrique.
Donc,au lendemain de la mort de CONTE, les soldats se sont regroupés au camp Alpha Yaya DIALLO et ont commencé à scander le nom du général Sékouba KONATE. Il voulaient que le général KONATE qui commande le BATA depuis plusieurs années, soit le président de la Guinée . Mais le général déclina leur proposition. Il y avait , à coté du général KONATE,le capitaine Dadis et le jeune général Mamadouba toto CAMARA. Le général toto CAMARA est vite écarté du fait de sa jeunesse et surtout du fait que les enfants( les soldats sont appelés enfants en Guinée par les généraux) ne veulent plus d’un général comme dirigeant, parce les soldats pensent que bon nombre de généraux sont corrompus par l’ancien régime de KONTE.
Finalement,seul le capitaine Dadis répondait aux critères exigés. Le général KONATE le désigna au poste de président du CNDD parce que d’une part il s’exprimait bien et d’autre part Dadis est proche de ses hommes.
Donc c’est le général Sékouba KONATE qui tire les ficelles ?
Effectivement ! En vérité, le général KONATE est le maître du jeu en Guinée. Dadis n’est qu’un pion qu’on manipule. A la télévision, vous avez vu que le général KONATE est toujours à coté de Dadis .Et des fois même , on voit le général qui appelle Dadis pour lui chuchoter quelque chose à l’oreille. Parfois Dadis en fait trop et dérape , KONATE le remet à l’ordre.
Qui est le général Sékouba KONATE ?
C’est un homme très influent en Guinée. Quand il était capitaine, il était toujours devant, face à l’ennemi, tous ses hommes se mettaient derrière lui,lors des batailles qui opposaient l’armée Guinéenne aux rebelles. Curieusement, tous ceux qui se rangeaient derrière lui lors des combats avaient des chances de s’en sortir indemnes… C’est un homme un peu fermé, il ne parle pas beaucoup et peu de personne l’ont vu rire. On le surnomme « el tigre » c'est-à-dire le tigre,c’est sa bravoure lors des combats qui lui a valu sa notoriété. Mais, il n’est pas un grand orateur, il bègue en plus.
Ne craignez-vous pas pour la vie de Dadis ?
Dadis est en train de changer le comportement des guinéens.Il s’attaque à la corruption et aux trafiquants de drogue. C’est sur qu’il y des gens qui veulent sa mort . Vous avez remarquez que Dadis,depuis qu’il est president du CNDD, a élu domicile au camp Alpha Yaya DIALLO,parce qu’il se sent plus en sécurité dans le camp.
Le 22 avril dernier,des militaires avaient tenté de liquider Dadis ?
En fait, deux officiers supérieurs et un sous officier ont été arrêtés et écroués dans la nuit du mercredi 22 au jeudi 23 avril,au camp Alpha Yaya DIALLO. Les deux capitaines et le caporal ont été interpellés quelques heures après le report du voyage en Libye de Dadis qui était invité par Khadafi. Aucune explication officielle n’a été fournie concernant la mise aux arrêts de ces trois militaires. Mais l’armée a fouillé, cette nuit là, véhicules et passagers aux abords du pont du 8 novembre, principale porte d’entrée de la ville.
Pensez- vous que Dadis se présentera lors des prochaines élections ?
Non,je ne le pense pas. Il avait menacé de le faire mais il était énervé lorsqu’il tenait ces propos.
Qu’en est-il du fils de l’ex président CONTE ?
On l’annonçait très malade mais c’est pas vrai. Il se porte bien,il est cependant en résidence surveillée.
Qu’est ce que vous êtes venus faire à Dakar ?
Je suis venu suivre une formation de neuf mois à Dakar.
Comment se passe la formation militaire en Guinée ?
C’est une formation très dure. Beaucoup de jeunes recrues ne terminent pas la formation, ils désistent au deuxième mois. La formation dure quatre mois. Des fois, tu peux te promener et rencontrer ton supérieur qui te demande de faire rapidement cinquante pompes sous le soleil. C’est pas facile, la vie de militaire en Guinée.
N’importe qui peut s’enrôler dans l’armée Guinéenne?
Evidemment ! Le malheur en est qu’il y a beaucoup de malfaiteurs dans l’armée. Il y a des parents qui envoient leurs enfants suivre une formation militaire uniquement pour les punir. Ces gosses, une fois dans l’armée, deviennent des « bandits »armés, ce sont eux qui braquent en général la population.
Propos recueillis par Seydina Alioune FALL
Un soldat de l’armée explique
Amadou DIALLO est soldat dans l’armée guinéenne. Il fait partie des jeunes qui ont porté le capitaine Dadis CAMARA au pouvoir au lendemain de la mort du président Lansana CONTE. Il donne sa lecture sur la situation qui prévaut actuellement en guinée.
Pourquoi l’armée a choisi Dadis, un capitaine comme président du CNDD ?
Dadis fait partie du BATA,c’est le bataillon autonome des troupes aéroportées. Le BATA est l’élite de l’armée Guinéenne. Les soldats appartenant à ce bataillon sont très respectés et redoutés des autres corps d’armées,ils sont aguerris au combat. C’est eux qu’on envoie souvent en mission dans les zones de conflits en Afrique.
Donc,au lendemain de la mort de CONTE, les soldats se sont regroupés au camp Alpha Yaya DIALLO et ont commencé à scander le nom du général Sékouba KONATE. Il voulaient que le général KONATE qui commande le BATA depuis plusieurs années, soit le président de la Guinée . Mais le général déclina leur proposition. Il y avait , à coté du général KONATE,le capitaine Dadis et le jeune général Mamadouba toto CAMARA. Le général toto CAMARA est vite écarté du fait de sa jeunesse et surtout du fait que les enfants( les soldats sont appelés enfants en Guinée par les généraux) ne veulent plus d’un général comme dirigeant, parce les soldats pensent que bon nombre de généraux sont corrompus par l’ancien régime de KONTE.
Finalement,seul le capitaine Dadis répondait aux critères exigés. Le général KONATE le désigna au poste de président du CNDD parce que d’une part il s’exprimait bien et d’autre part Dadis est proche de ses hommes.
Donc c’est le général Sékouba KONATE qui tire les ficelles ?
Effectivement ! En vérité, le général KONATE est le maître du jeu en Guinée. Dadis n’est qu’un pion qu’on manipule. A la télévision, vous avez vu que le général KONATE est toujours à coté de Dadis .Et des fois même , on voit le général qui appelle Dadis pour lui chuchoter quelque chose à l’oreille. Parfois Dadis en fait trop et dérape , KONATE le remet à l’ordre.
Qui est le général Sékouba KONATE ?
C’est un homme très influent en Guinée. Quand il était capitaine, il était toujours devant, face à l’ennemi, tous ses hommes se mettaient derrière lui,lors des batailles qui opposaient l’armée Guinéenne aux rebelles. Curieusement, tous ceux qui se rangeaient derrière lui lors des combats avaient des chances de s’en sortir indemnes… C’est un homme un peu fermé, il ne parle pas beaucoup et peu de personne l’ont vu rire. On le surnomme « el tigre » c'est-à-dire le tigre,c’est sa bravoure lors des combats qui lui a valu sa notoriété. Mais, il n’est pas un grand orateur, il bègue en plus.
Ne craignez-vous pas pour la vie de Dadis ?
Dadis est en train de changer le comportement des guinéens.Il s’attaque à la corruption et aux trafiquants de drogue. C’est sur qu’il y des gens qui veulent sa mort . Vous avez remarquez que Dadis,depuis qu’il est president du CNDD, a élu domicile au camp Alpha Yaya DIALLO,parce qu’il se sent plus en sécurité dans le camp.
Le 22 avril dernier,des militaires avaient tenté de liquider Dadis ?
En fait, deux officiers supérieurs et un sous officier ont été arrêtés et écroués dans la nuit du mercredi 22 au jeudi 23 avril,au camp Alpha Yaya DIALLO. Les deux capitaines et le caporal ont été interpellés quelques heures après le report du voyage en Libye de Dadis qui était invité par Khadafi. Aucune explication officielle n’a été fournie concernant la mise aux arrêts de ces trois militaires. Mais l’armée a fouillé, cette nuit là, véhicules et passagers aux abords du pont du 8 novembre, principale porte d’entrée de la ville.
Pensez- vous que Dadis se présentera lors des prochaines élections ?
Non,je ne le pense pas. Il avait menacé de le faire mais il était énervé lorsqu’il tenait ces propos.
Qu’en est-il du fils de l’ex président CONTE ?
On l’annonçait très malade mais c’est pas vrai. Il se porte bien,il est cependant en résidence surveillée.
Qu’est ce que vous êtes venus faire à Dakar ?
Je suis venu suivre une formation de neuf mois à Dakar.
Comment se passe la formation militaire en Guinée ?
C’est une formation très dure. Beaucoup de jeunes recrues ne terminent pas la formation, ils désistent au deuxième mois. La formation dure quatre mois. Des fois, tu peux te promener et rencontrer ton supérieur qui te demande de faire rapidement cinquante pompes sous le soleil. C’est pas facile, la vie de militaire en Guinée.
N’importe qui peut s’enrôler dans l’armée Guinéenne?
Evidemment ! Le malheur en est qu’il y a beaucoup de malfaiteurs dans l’armée. Il y a des parents qui envoient leurs enfants suivre une formation militaire uniquement pour les punir. Ces gosses, une fois dans l’armée, deviennent des « bandits »armés, ce sont eux qui braquent en général la population.
Propos recueillis par Seydina Alioune FALL
lundi 11 mai 2009
Trafic de drogue à Diamaguene

Trafic de drogue à Diamaguene
Pape NDIAYE, un ancien dealer se confie
Situé dans la banlieue Dakaroise, Diamaguene est un quartier très populaire. C’est là que nous avons rencontré le célèbre dealer converti en apprenti chauffeur de car rapide, Pape NDIAYE. C’est un homme visiblement marqué par les vicissitudes de la vie de banlieusard qui nous accueille dans sa modeste demeure. Sa maison est en plein cœur de la zone inondée, la misère qui règne dans ces lieux est indéniable.
Qui est Pape NDIAYE ?
Je suis un jeune banlieusard né ici à Diamaguene en 1980.
Tu vis seul ici ?
Non. Je vis avec ma grand-mère, ma mère et mes deux petites sœurs. Je suis le seul garçon de la famille, mon père est décédé lorsque j’avais 5 ans.
Qu’est ce qui t’a poussé a vendre de la drogue ?
Comme je vous l’ai dit, je suis le seul garçon ma famille. Nous n’avons pas beaucoup de moyens donc c’est pour subvenir aux besoins de ma famille que je vendais de la drogue.
Mais ne pouvais- tu pas, à l’instar d’autres jeunes trouver un travail décent ?
Bof ! Vous savez, il est très difficile de trouver du boulot dans ce pays. Regardez tous ces jeunes dehors qui passent tout leur temps à boire du thé. Vous pensez qu’ils le font volontairement ! Ils n’ont pas le choix .Quand on ne peut plus subvenir aux besoins les plus élémentaires comme manger à sa faim, tous les moyens sont bons. C’était une question de vie ou de mort pour moi. Et puis j’étais un gosse sans encadrement, j’étais très libertin !
Maintenant tu es apprenti chauffeur. Qu’est ce qui est à l’origine de cette repentance ?
C’est une longue histoire ! (Soupirs, il prend un mégot de cigarette et l’allume). J’aime beaucoup ma mère et chaque fois qu’on m’arrêtait, du fond de ma cellule, toutes mes pensées allaient vers elle. Aucune maman ne voudrait qu’on emprisonne son enfant .C’est une brave femme. Depuis la mort de papa, c’est elle qui s’occupait de nous, maintenant elle est vieille et n’a plus de force. Vous voyez la situation ! Je suis l’aîné, en un moment donné je me suis dis que je dois donner l’exemple. Apporter de quoi manger c’est bien mais le faire légalement c’est encore mieux. D’autant plus que mes multiples séjours en taule ont beaucoup affecté ma mère. Elle ne méritait pas ça.
Comment se passe ta nouvelle vie ?
Je tire le diable par la queue, je n’ai pas encore vu le bout du tunnel. Mais je rends grâce au Bon Dieu, on parvient à bouillir la marmite avec ce que je gagne.
Tes sœurs, que font-elles dans la vie ?
L’une est lingère et l’autre est une bonne, elles travaillent à Nord Foire. Vous savez, les filles d’aujourd’hui aiment s’entretenir, se faire belle. Elles dépensent leurs salaires en habillement, elles se disent que je suis l’aîné donc c’est à moi de gérer les charges de la maison.
Comment vois- tu l’avenir ?
Je suis optimiste quant à mon avenir, je suis encore jeune. Je pense que d’ici peu tout ira bien, j’ai épargné un peu d’argent pour passer mon permis de conduire. J’envisage de devenir chauffeur, cela va considérablement améliorer ma condition de vie.
Propos recueillis par Seydina Alioune FALL
Pape NDIAYE, un ancien dealer se confie
Situé dans la banlieue Dakaroise, Diamaguene est un quartier très populaire. C’est là que nous avons rencontré le célèbre dealer converti en apprenti chauffeur de car rapide, Pape NDIAYE. C’est un homme visiblement marqué par les vicissitudes de la vie de banlieusard qui nous accueille dans sa modeste demeure. Sa maison est en plein cœur de la zone inondée, la misère qui règne dans ces lieux est indéniable.
Qui est Pape NDIAYE ?
Je suis un jeune banlieusard né ici à Diamaguene en 1980.
Tu vis seul ici ?
Non. Je vis avec ma grand-mère, ma mère et mes deux petites sœurs. Je suis le seul garçon de la famille, mon père est décédé lorsque j’avais 5 ans.
Qu’est ce qui t’a poussé a vendre de la drogue ?
Comme je vous l’ai dit, je suis le seul garçon ma famille. Nous n’avons pas beaucoup de moyens donc c’est pour subvenir aux besoins de ma famille que je vendais de la drogue.
Mais ne pouvais- tu pas, à l’instar d’autres jeunes trouver un travail décent ?
Bof ! Vous savez, il est très difficile de trouver du boulot dans ce pays. Regardez tous ces jeunes dehors qui passent tout leur temps à boire du thé. Vous pensez qu’ils le font volontairement ! Ils n’ont pas le choix .Quand on ne peut plus subvenir aux besoins les plus élémentaires comme manger à sa faim, tous les moyens sont bons. C’était une question de vie ou de mort pour moi. Et puis j’étais un gosse sans encadrement, j’étais très libertin !
Maintenant tu es apprenti chauffeur. Qu’est ce qui est à l’origine de cette repentance ?
C’est une longue histoire ! (Soupirs, il prend un mégot de cigarette et l’allume). J’aime beaucoup ma mère et chaque fois qu’on m’arrêtait, du fond de ma cellule, toutes mes pensées allaient vers elle. Aucune maman ne voudrait qu’on emprisonne son enfant .C’est une brave femme. Depuis la mort de papa, c’est elle qui s’occupait de nous, maintenant elle est vieille et n’a plus de force. Vous voyez la situation ! Je suis l’aîné, en un moment donné je me suis dis que je dois donner l’exemple. Apporter de quoi manger c’est bien mais le faire légalement c’est encore mieux. D’autant plus que mes multiples séjours en taule ont beaucoup affecté ma mère. Elle ne méritait pas ça.
Comment se passe ta nouvelle vie ?
Je tire le diable par la queue, je n’ai pas encore vu le bout du tunnel. Mais je rends grâce au Bon Dieu, on parvient à bouillir la marmite avec ce que je gagne.
Tes sœurs, que font-elles dans la vie ?
L’une est lingère et l’autre est une bonne, elles travaillent à Nord Foire. Vous savez, les filles d’aujourd’hui aiment s’entretenir, se faire belle. Elles dépensent leurs salaires en habillement, elles se disent que je suis l’aîné donc c’est à moi de gérer les charges de la maison.
Comment vois- tu l’avenir ?
Je suis optimiste quant à mon avenir, je suis encore jeune. Je pense que d’ici peu tout ira bien, j’ai épargné un peu d’argent pour passer mon permis de conduire. J’envisage de devenir chauffeur, cela va considérablement améliorer ma condition de vie.
Propos recueillis par Seydina Alioune FALL
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